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Accusés d’être ennemis de Dieu, une femme et quatre hommes ont été pendus à Téhéran

Accusés d’être "maharebeh" (ennemis de Dieu), une femme et quatre hommes, prisonniers politiques, ont été pendus à Téhéran. La LDIF s'associèe au Mouvement Pour la Paix et Contre le Terrorisme (MPCT) proteste officiellement contre leur exécution.

Communiqué de presse

- Le 9 mai 2010, une jeune femme kurde, Shirin Alamhouli, trois hommes kurdes, Farzad Kamangar, Ali Heidarian, Farhad Vakili et Mehdi Eslamian, tous prisonniers politiques iraniens, ont été pendus par la République islamique d’Iran.

Ni leurs avocats ni leurs familles, qui n’ont même pas pu récupérer leurs dépouilles, n’avaient été avisés de leur exécution.

Les quatre premiers condamnés étaient accusés d’être membres du groupe kurde nationaliste et séparatiste PJAK, le dernier d’être membre du groupe monarchiste de “l’Assemblée du Royaume d’Iran”.

- Selon IRNA, l’agence officielle du régime, ils auraient “confessé" avoir commis "des actes terroristes, incluant des attentats à la bombe contre des bâtiments gouvernementaux et des bâtiments publics dans des villes iraniennes".

- Notre mouvement réaffirme qu‘il condamne sans exception tous les actes terroristes, attentats visant des civils et prises d’otages, quelles que soient la nationalité de leurs auteurs et la cause qu’ils prétendent défendre.

Si les cinq prisonniers étaient réellement suspectés d’avoir commis de tels actes, ils auraient du être jugés lors de procès équitables. Les droits de leurs victimes auraient du être défendus. Mais où sont donc les victimes de ces prétendus actes terroristes pour lesquels aucune date et aucun lieu n’ont été indiqués ?

Le MPCT rappelle

- que l’Iran est un des pays où le taux d’exécutions est le plus élevé au monde.

Il y en a eu 270 en 2009 et Amnesty International en a recensé 80 depuis le début de l’année 2010. ses geôles quelque Quelques 203 condamnés à mort attendent encore dans ses geôles.

- que sous le régime des mollahs, les « procès » n’en sont pas.

Ils sont expédiés en quelques minutes, sans jury et sans que l’avocat ne puisse assurer la défense de l’accusé. Quant aux « aveux », ils sont arrachés par la torture et la menace de représailles contre les familles.

Amnesty International révèle des détails atroces. Ainsi, les gardiens de l’enseignant Farzad Kamangar avaient « joué au football » avec lui, son corps meurtri de coups leur servant de ballon. Sririn Alamhouli, âgée de 28 ans, frappée à maintes reprises, avait enregistré ses « aveux » sur une vidéo après avoir reçu une injection, une fois hospitalisée.

- que le régime iranien a l’habitude de condamner sous de fausses accusations.

Les homosexuels sont ainsi accusés de viol pour mieux justifier leur mise à mort. L’absence de droits citoyens et de droits des minorités ethniques rend de fait les activités de tous les groupes d’opposition illégales. La monstrueuse accusation passe-partout d’être "maharebeh" vaut la mort.

- que le régime iranien ne saurait combattre le terrorisme ! Accusé d’avoir commandité des attentats meurtriers de par le monde, il soutient activement le Hezbollah et le Hamas.

Ces deux organisations terroristes ont délibérément frappé, par la méthode de l’attentat « suicide », d’innombrables victimes civiles et parmi elles, certains de nos compatriotes.

- Le MPCT s’étonne que l’annonce des nouvelles exécutions n’ait pas suscité plus d’indignation et n’ait pas été dénoncée plus vigoureusement par l’ensemble des organisations démocratiques et de défense des droits humains.

- Le MPCT demande à toutes les organisations démocratiques de s’associer à la protestation en s’adressant à l’Ambassadeur d’Iran en France comme nous l’avons fait pour exiger l’annulation immédiate de la sentence des 203 autres condamnés à mort, parmi lesquels 17 prisonniers politiques kurdes.

Tous doivent être rejugés et bénéficier de procès garantissant les droits de la défense.

L’absence de mobilisation unitaire de l’opinion internationale encouragerait la République Islamique d’Iran à intensifier ses crimes.

Nous ne devons pas le permettre, alors même qu’en Iran, en dépit de la répression, manifestations et grèves se poursuivent depuis l’annonce des exécutions.



Communiqué en ligne sur le site du Mouvement Pour la Paix et Contre le Terrorisme :

 Lien : http://www.mpctasso.org/spip.php?article683

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