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Les droits des femmes à la Conférence « Durban 2 »

Au vu de la déclaration finale de la conférence, la LDIF continue à affirmer que le boycott aurait pesé plus lourd sur une véritable remise à plat du sujet.


La déclaration de Durban II : explication de texte

NOUVELOBS.COM | 22.04.2009 | 13:06

La conférence de l'Onu sur le racisme a été adoptée par acclamation mardi. Le service Etranger du Nouvel Observateur décrypte ce texte écrit dans la "novlangue" des enceintes internationales.

C'est un document de 16 pages et de 143 paragraphes sur lequel les délégations réunies à Genève ont négocié pendant ces derniers jours. C'est à la lecture de ce texte préparatoire que les Etats-Unis et plusieurs autres pays ont décidé de ne pas participer à la réunion et c'est ce même texte préparatoire que la France a jugé positif, justifiant ainsi la décision de Paris de participer aux travaux.

Mais de quoi parle-t-on ? Pour comprendre, il faut lire entre les lignes et connaître cette sorte de "novlangue" qui est celle des enceintes internationales.

Il faut avoir aussi à l'esprit ce qui ne figure pas dans le texte, par exemple ce qui concerne la discrimination des femmes, sauf à propos de l'emploi et des femmes migrantes, ce qui touche à la discrimination au regard de l'orientation sexuelle ou par ailleurs ce qui relève de la traite transsaharienne. Points qui n'apparaissent pas dans le texte.

Voici quelques exemples de certains paragraphes qui posent problème et que nous avons décortiqué avec l'aide de Malka Markovitch, historienne et auteure des "Nations désunies. Comment l'ONU enterre les droits de l'Homme" (éditions Jacob-Duvernet). Comme toujours, le diable se cache dans les détails.

1.Réaffirmant la Déclaration et le Programme d'Action de Durban

(DPAD), telle qu'elle fut adoptée lors de la Conférence Mondiale Contre le Racisme, la Discrimination Raciale, la Xénophobie et l'Intolérance qui y est associée en 2001;

Ce paragraphe réaffirme la déclaration de Durban I de 2001. Or, certains de ses passages stigmatisaient de fait Israël en évoquant le racisme subi par les Palestiniens. Ce qui revenait aussi à dire qu'Israël est le seul pays raciste. Ce premier paragraphe a justifié aux yeux du département d'Etat américain la décision de ne pas se rendre à Genève.

12.Déplorant la montée générale de la violence et de l'intolérance raciale et religieuse, y compris l'islamophobie, l'antisémitisme, la christianophobie et l'antiarabisme qui se manifeste en particulier par les stéréotypes péjoratifs et la stigmatisation des personnes en raison de leur religion ou de leur croyance, et à cet égard demande à tout les états membres des Nations Unies d'appliquer le paragraphe 150 de la DPAD;

13.Réaffirmant que toute apologie de la haine raciale, religieuse ou nationale constituant une incitation à la discrimination, à l'hostilité ou la violence sera prohibée par la loi ; réaffirme également que toute dissémination d'idées fondées sur la supériorité ou la haine raciale, l'incitation à la discrimination raciale ainsi que tout acte de violence ou d'incitation à de tels acte seront déclarés délits punissables par la loi, en conformité avec les obligations internationales des états, et que ces interdictions sont compatibles avec la liberté d'opinion et d'expression;

Ces deux paragraphes ont été écrits afin de remplacer le concept de diffamation des religions qui figurait dans les documents préparatoires. Or, ni la France, ni les autres pays européens ne pouvaient accepter ce concept qui portait atteinte à la liberté d'expression. Néanmoins, ces paragraphes reprennent l'idée et la terminologie du concept de haine des religions qui avait été utilisé pour définir le principe de diffamation des religions.

28.Réaffirmant son appel aux états d'appliquer les engagements résultant des conférences internationales et régionales auxquelles ils ont participés et de formuler des politiques et des plans d'actions nationaux destinés à prévenir, combattre et éradiquer le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l'intolérance qui y est associée;

Ce paragraphe demande aux Etats de mettre en œuvre tous les engagements provenant des conférences régionales et internationales auxquelles ils ont participé. Or, certaines de ces réunions avaient adopté des principes inacceptables identifiant le sionisme au racisme et à l'apartheid.

30.Remerciant le Rapporteur Spécial pour son rôle important sur les formes contemporaines de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie et d'intolérance qui y est associée, et toutes les autres procédures et mécanismes spéciaux concernés dans le combat contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l'intolérance qui y est associée et appelant les états à coopérer pleinement avec ces mécanismes;


Le rôle majeur joué par le Rapporteur spécial (le Sénégalais Doudou Diene), dont les rapports depuis 2002 se focalisent sur la diffamation de l'Islam et le blasphème, est souligné dans ce paragraphe. Ce qui revient à admettre les entraves à la liberté d'expression.

125.Prenant note que le groupe de travail ad hoc sur l'élaboration de normes complémentaires internationales s'est réuni pour sa première session est s'est accordé sur une feuille de route, avec pour ambition d'obtenir une application complète du paragraphe 199 du Programme d'Action de Durban;

Ce paragraphe fait référence au comité Ad Hoc sur l'élaboration de normes complémentaires sur le racisme. Or, ce comité a défini l'antisémitisme contemporain comme une atteinte contre les seuls Arabes. Et par extension, contre tous les Musulmans. Ce comité vient aussi de proposer un protocole qui porte principalement sur le concept de diffamation des religions.

Posté par Malka Marcovich à 23:43 - Articles - Permalien [#]
Tags : Durban 2

----------- COMMUNIQUE DE PRESSE - Le 7 mars 2009

Si la France prétend défendre les droits des femmes en France et dans le monde, elle doit oser l’affirmer au niveau international et se retirer de « Durban 2 »

En cette semaine marquée par les multiples célébrations de la journée internationale des femmes, on oublie trop souvent les grandes manœuvres internationales dont les femmes font les frais au nom du retour en force de la religion et du respect de la diversité culturelle.

Un moment fort dont les Nations-Unies ont le secret, sera la rencontre internationale qui se tiendra à Genève du 20 au 24 avril, dite « Durban2 ». Son objet sera le suivi des travaux de la conférence de 2001 contre le racisme qui avait eu lieu à Durban. Aucun doute ne subsiste quant aux orientations qu’elle adoptera : à l’image de ce qui s’est passé en 2001, le fait religieux – principalement islamique – sera présenté comme la solution à tous les conflits sociétaux et internationaux.

Plus que tout autre pays, la France n’a pas le droit de capituler et devrait se retirer de la conférence Durban 2. Il en va de la démocratie et de l’avenir des femmes en France et dans le monde. 

Depuis 1983 et singulièrement au cours de la décennie actuelle, la ligue du droit international des femmes (http://www.ldif.asso.fr ), dont la fondatrice et première présidente fût Simone de Beauvoir, a régulièrement dénoncé la manière dont les droits humains universels des femmes ont été remis en question au nom du multiculturalisme et du respect des religions et des civilisations. Parallèlement, elle constate un phénomène plus nouveau, le détournement de certaines revendications des organisations féministes, y compris au sein des institutions internationales, pour mieux faire taire les aspirations émancipatrices et universalistes des femmes. Ainsi l’application des la charia est préconisée pour venir à bout de pratiques traditionnelles telles que les mutilations sexuelles, ou pour endiguer les violences conjugales, quant à la prostitution et la traite des femmes elles seraient censées disparaître si la polygamie était maintenue et que les femmes retrouvaient leur fonction maternelle dans la société. Même la parité et l’éducation des filles sont affirmés comme étant des objectifs portés par la Charia.

Force est de constater qu’aujourd’hui la musique entonnée il y a trente ans par la révolution islamique d’Iran donne le « la » dans les discussions internationales et que les droits des femmes sont instrumentalisés pour enterrer l’universalité de leurs droits.

En 2001, lors de la Conférence contre le racisme à Durban, les organisations de femmes qui auraient dû pouvoir s’exprimer librement au cours de la Conférence des ONG qui se tenait en marge des négociations gouvernementales, furent en fait muselées. Au niveau des Etats, ce fût pire encore, la République islamique d’Iran proposait tout simplement que le mot « femme » soit supprimé de l’ensemble du texte  gouvernemental. Dans la foulée, les Emirats Arabes Unis, le Bahreïn, l’Arabie Saoudite, le Sultanat d’Oman, le Qatar et le Koweït, se démarquaient des libellés et concepts contraires à la charia islamique. Quant à certaines démocraties, elles avaient déjà capitulé en reconnaissant la religion comme « valeur intrinsèque des êtres humains », qui « peut aider à promouvoir la dignité » et « éliminer le racisme ».

Pour l’Organisation de la conférence islamique qui tient la dragée haute dans les instances internationales (et qui est représentée par le Pakistan au Conseil des droits de l’homme), les femmes doivent être valorisées, protégées et respectées, mais la sexualité hors mariage pénalisée et l’avortement considéré comme une « exécution extrajudiciaire ». Pour les nouveaux chantres des droits humains, si les femmes sont exploitées sexuellement, la faute en revient aux féministes occidentales qui ont favorisé la transformation des femmes en objets sexuels et tout ce qui s’en suit : pornographie, viol, prostitution, lesbianisme.

La conférence « Durban 2 » - dont le comité préparatoire est présidé par la Libye avec comme vice présidence notamment l’Iran - ne fera qu’entériner ces régressions idéologiques à l’œuvre depuis sept ans, qui se sont encore aggravées lors des négociations sur le texte de la Conférence.

La France ne doit pas cautionner la mise en avant des religions et l’attaque de la liberté d’expression dont les femmes, jadis comme aujourd’hui, sont toujours les premières victimes. Le Président Sarkozy a affirmé lors de son discours d’investiture le 6 mai 2007, que la France n’abandonnerait pas les femmes opprimées dans le monde.

L’année 2008 a été marquée par les célébrations du centième anniversaire de Simone de Beauvoir, et par le soixantième anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme. L’année 2009 devrait être marquée par une autre célébration symbolique, celle du trentième anniversaire de la Convention pour l’élimination de toutes les formes de discriminations à l’encontre des femmes (CEDAW). N’acceptons pas qu’elle soit en fait l’année de l’enterrement des droits universels des femmes.
 
La présidente de la Ligue du Droit internationale des femmes

Membre de la rédaction du journal électronique Riposte Laïque ( et co-auteur du livre « Les dessous du voile, 1989-2009, vingt ans d’offensive islamique contre la République laïque »).

Annie Sugier
06 08 48 79 33

Ligue du droit international des femmes
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TEL : (33) 1.45.49.04.00 - FAX : (33) 1.45.49.16.71
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Résumé officiel en français des déclarations faites le 20 avril lors de la conférence. A noter que dans le résumé en anglais, la question de la diffamation des religions a été soulevé par l'OCI et l'Egypte notamment.

 Lien : http://www.ldif.asso.fr/pdf/international/DurbanII.pdf

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