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Remous à la mosquée de Paris : femmes et hommes désormais séparés

La Grande mosquée de Paris a décidé de séparer hommes et femmes lors de la prière, déclenchant l'ire d'un collectif de musulmanes qui a dénoncé lundi une "décision arbitraire de reléguer" les femmes "au sous-sol" de ce lieu de culte.

La Grande mosquée de Paris a décidé de séparer hommes et femmes lors de la prière, déclenchant l'ire d'un collectif de musulmanes qui a dénoncé lundi auprès de l'AFP une "décision arbitraire de reléguer" les femmes "au sous-sol" de ce lieu de culte. Samedi, une douzaine de femmes avaient tenté d'accéder à la principale salle de prière et en avaient été empêchées par la sécurité et des fidèles. Selon leur porte-parole, Hanane Karimi, elles ont à cette occasion été "victimes d'un déchaînement de violence". "Le déplacement des femmes est injustifié, nous voulons discuter de cette décision", a ajouté Mme Karimi.

La séparation des hommes et des femmes pour la prière à la Grande Mosquée de Paris, le plus vieil et le plus prestigieux édifice de l'islam en France, a été décidée il y a plusieurs semaines "devant l'affluence croissante de fidèles", d'après un communiqué de l'institution. Les femmes priaient jusqu'alors dans la grande salle commune derrière un rideau les séparant des hommes puisque la tradition musulmane interdit aux fidèles des deux sexes de se mélanger. La salle désormais dévolue aux femmes, au sol tapissé de moquette, aux murs recouverts de carreaux de faïence mais dénuée de fenêtres, est située sous la salle de prière principale. "Je viens en moyenne cinq fois par semaine et cette nouvelle salle est
grande, intimiste, on est dans l'enceinte de la mosquée, c'est le plus important", s'est réjouie Ilham, une fidèle. "Le seul point négatif, c'est la salle des ablutions des hommes devant laquelle on doit passer", a concédé Siham, 34 ans.

"La mosquée permet aux fidèles de prier dans le calme, ce n'est pas un lieu de polémique et de discorde" a expliqué Abdallah Zekri, président de l'Observatoire national contre l'islamophobie, avant de condamner "ces activistes, leurs propos et le fait de vouloir faire du forcing dans la salle de prière". M. Zekri a qualifié les actions de ce groupe de musulmanes de "campagne téléguidée par certaines extrémistes".

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