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Le sport féminin, dernier bastion du sexisme ?

« Le sport féminin, dernier bastion du sexisme ? » est publié cette semaine chez Michalon. Son auteur, la journaliste et blogueuse Fabienne Broucaret, dresse un état des lieux peu élogieux de l’environnement sportif, soumis selon elle à un sexisme peu combattu par les mouvements féministes. « Toutes ensemble, taclons le sexisme ! », invite-t-elle. Sportiva-infos l’a rencontrée.

« Tout est parti de la Coupe du monde de football 2011, se souvient Fabienne Broucaret, journaliste passée par "Le Figaro" et "Elle.fr". Après l’engouement généré auprès des médias, je me suis demandée si les Bleues allaient retomber dans l’anonymat ? C’est pourquoi j’ai crée un blog (Sportissima, NDLR) avant engager l’écriture de ce bouquin, afin d’établir un bilan général du sport féminin. » Durant plusieurs mois, la jeune femme recueille les témoignages de dizaines d’acteurs du sport, sportives, sociologues, féministes mais aussi journalistes, afin de constituer ce tour d’horizon.

Deux constats en émergent, contribuant à prouver l’inégalité entre un sportif et une sportive : cette dernière, sauf en de très rares exceptions, est bien moins rémunérée que son collègue masculin ; elle est aussi moins médiatisée. La sentence est amère. Chiffres à l’appui, Fabienne Broucaret détaille dans ses moindres recoins les manifestations de ce sexisme ambiant, qui touche de l’éducation des enfants dans le cadre strictement familial ou scolaire, jusqu’aux rouages des plus puissants médias, qu’elle pointe du doigt. « Ils participent notamment à véhiculer l’image glamour des sportives voulue par les communicants. Cette image réductrice, évidemment commerciale, réduit la femme à sa facette séductrice auprès d’un public majoritairement masculin. »

Un appel aux féministes

Alors, comment équilibrer la balance ? Comment permettre aux sportives de haut niveau d’avoir des salaires sensiblement identiques aux hommes ? Comment attirer autant de caméras que les hommes et accéder aux plus hautes responsabilités ? La journaliste appelle clairement à des mesures « volontaristes ». Comprenez une législation. « À l’étranger, comme en Norvège, des quotas ont été mis en place au sein des fédérations, constate-t-elle. Ils permettent aux femmes d’accéder à des postes à responsabilité. La France est très en retard. Du coup, les femmes n’osent pas prendre la parole. Mais des fédérations comme celles de basket et de handball, pionnières du côté sportif, ont depuis longtemps pris en main la promotion du genre féminin, et fait de la parité, tant au niveau des revenus que de la publicité, une priorité. »

Mais il demeure cette vision de la femme, sexualisée au possible dans la foulée du « phénomène Kournikova » (du nom de cette joueuse de tennis, plus active sur les podiums et dans les magazines de mode que raquette à la main). Une vision sévèrement critiquée par Fabienne Broucaret, soutenue dans son propos par des sportives aux parcours et palmarès divers. Ces témoignages, parenthèses dans l’argumentaire, apportent un réel plus à l’ouvrage. De concert, ils illustrent les inégalités rencontrées dans les enceintes sportives par ces femmes, soumises aux codes médiatiques et économiques. Car même si « des progrès indéniables sont observés », pour Fabienne Broucaret, « le chemin vers l’équité est encore long et appelle donc à une prise de conscience générale. » Le sport comme bastion sexiste sera alors pris d’assaut, comme en leur temps la politique ou le social ont été et sont toujours le champ de bataille des féministes.

C.L.

La fiche du livre . « Le sport féminine, dernier bastion du sexisme ? » de Fabienne Broucaret aux éditions Michalon. Date de parution : 7 juin 2012. 288 pages. Prix : 19 €.

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